Le gardien a tiré sa révérence

Serge RIMETZ, l’un des gardiens emblématiques de Maurice Thorez, est parti à la retraite en début d’année. L’occasion pour lui de revenir sur vingt-neuf années passées à garder les murs de la cité.

« Cette dernière semaine est très rapide, pareil pour les locataires… » Dans l’un des bureaux de Seine-Saint-Denis habitat, premier bailleur social du
département, Serge Rimet sait qu’il passe ses dernières heures dans la cité Maurice Thorez.

Gardien du quartier depuis 1993, l’homme qui fêtera ses soixante ans l’été prochain part à la retraite, laissant une vie professionnelle bien chargée derrière lui. « Je suis originaire du Nord de la France, j’ai travaillé six ans dans la couture et ensuite neuf ans dans une usine de traitement de laine,
explique-t-il. Les deux usines ont fermé et je me suis retrouvé sans boulot ».

L’emploi étant rare dans la région à cette époque, il postule à une annonce trouvée dans le journal Le Parisien comme gardien de cité à Dugny. « Je ne connaissais pas du tout la Ville, j’ai visité plusieurs cités mais j’ai eu un coup de cœur pour Thorez ». Après une année à l’essai, Serge est engagé. Un poste qu’il ne quittera plus.

Gérer les conflits de voisinage, écouter les locataires, intervenir en cas de fuite, les orienter vers diverses entreprises… telles ont été les missions de Serge pendant 29 ans.

« J’ai connu beaucoup de générations. À l’époque, ce n’était pas la même mentalité. Les anciens que j’ai connus, qui sont malheureusement partis, avaient énormément de respect » se rappelle-t-il.
« Aujourd’hui, les grands frères sont mariés et sont devenus papas. L’avantage c’est que je connais tout le monde. Il y a des grandes familles à Dugny, j’ai connu plusieurs générations d’une même fratrie ».

Si des liens forts se sont créés avec certains qu’il a croisés tous les jours pendant plus d’une dizaine d’années, la limite n’a jamais été franchie. « Sinon, ça laisse la place à beaucoup de laisser-aller ». Malgré tout, Serge a pu participer à bon nombre d’événements de quartiers, comme des repas, des fêtes de mariage, des fêtes de voisins autour de bons repas ou encore des rassemblements au city-stade, adresse de toutes les générations pour partager leur passion du ballon rond.

Aujourd’hui retraité, Serge s’est installé avec sa femme Line, également ancienne fonctionnaire de la Ville, dans un petit village près de Montpellier.
 
Il y a trouvé le calme de la campagne. « J’ai un potager et des arbres fruitiers » sourit-il, même s’il n’oublie pas de préciser que Dugny va lui manquer.
« Le travail, le contact avec les gens, cela a été mon quotidien pendant près de trente ans. Je garde de la Ville que des bons souvenirs ».